Immobilier : « Le confinement peut inciter à mieux se loger »

28 avril 2020

Home sweet home. « La réclusion révèle défauts et qualités de notre habitat », note le président de Consultants Immobilier. Quitte à vouloir en changer ?

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Président du groupe Consultants Immobilier, spécialiste des belles pierres de l'Ouest parisien, (14 agences, 75 collaborateurs), Roger Abecassis analyse l'impact de l'épidémie de Covid-19 sur le marché des quartiers bourgeois de la capitale.

Le Point : Comment exercez-vous votre profession dans ce contexte de crise sanitaire ?

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Roger Abecassis : Notre métier, c'est de faire visiter des logements et de les commercialiser. Le 17 mars, nous avons baissé le rideau de chacune de nos 14 agences situées à Paris, Boulogne, Levallois, Neuilly-sur-Seine, et stoppé toute démarche commerciale. La quasi-totalité des effectifs s'est alors retrouvée au chômage technique. Seules quelques ventes bien engagées ont été finalisées en bonne intelligence avec les vendeurs, acheteurs, notaires, et quelques locations se sont conclues, leurs vidéos suffisant à aller au bout de cette démarche. Dans le même temps, un tiers des promesses de vente et des offres d'achat ont été reportées, mais pas complètement annulées. Le 14 avril, au lendemain du discours présidentiel annonçant la date de sortie du confinement, nous avons adressé un e-mail à tous les contacts de notre base de données clients pour leur indiquer la réouverture de nos agences au 11 mai et la reprise des visites de logements. Pour ce faire, nous mettrons en place de nouvelles méthodes de commercialisation respectant les contraintes sanitaires (distanciation sociale, gestes barrières), à l'aide d'équipements adaptés à la sécurité du personnel et des clients : masques, surchaussures, gels hydroalcooliques. Chaque jour nous rapproche du 11 mai et il n'est plus tabou de parler business. Le petit vent de panique va se résorber au fil du temps et laisser place au vent d'optimisme faisant suite à la fin de l'incertitude liée à la date butoir du confinement.

Touché mais pas coulé ?

Deux mois d'arrêt quasi total, c'est très grave, mais pas catastrophique. Le gouvernement a pris des mesures incroyables, garantissant des prêts aux PME et prenant en charge l'indemnisation du chômage partiel. Nous avons pu négocier avec les bailleurs de nos agences des reports de paiement des loyers commerciaux qui seront décalés sur le second semestre. Mais les acteurs de la transaction immobilière vont se heurter à d'autres difficultés. Les agences qui vont subir des pertes financières relatives au blocage du marché ont des besoins de trésorerie plus importants que n'importe quelle autre société. En effet, les rentrées d'argent provenant des commissions d'agences ne sont encaissées qu'au bout de trois mois. Voilà pourquoi bon nombre d'enseignes n'ayant pas les reins assez solides et/ou ayant trop investi, risquent de mettre la clé sous la porte.

Quelle sera la météo du marché immobilier parisien haut de gamme à l'aube de l'été ?

Après cette période de stupeur qui me rappelle tristement celle des attentats du 11 septembre 2001, la vie immobilière va renaître dans la capitale et sa plus proche périphérie. Les mois de mai, juin et juillet, sont traditionnellement des périodes de forte activité, les familles achetant à cette période un nouveau bien en amont de la rentrée scolaire d'automne. Mais il y a fort à parier que se dessineront cette fois-ci d'autres priorités : assurer le retour des enfants à l'école, remettre en route l'activité d'une entreprise, etc. Il y aura sans doute beaucoup d'inertie. Cela augmentera les difficultés précitées des agences immobilières. La récession économique qui s'annonce dans notre pays va amputer le pouvoir d'achat de certains ménages. Pas sûr que tous obtiennent les crédits bancaires espérés, et si c'est le cas, il faudra s'armer de patience avec le probable allongement des délais de traitement de dossiers. A contrario, la recrudescence attendue de la volonté de divorcer entraînera un afflux d'offres sur le marché. Après des portefeuilles d'action qui ont perdu un tiers de leur valeur du jour au lendemain, beaucoup de gens ne voudront plus entendre parler du CAC 40. Les biens immobiliers de l'Ouest parisien vont confirmer leur statut de valeur refuge. Plus que jamais, on n'est à l'abri de rien. Sauf de sa résidence principale ! À la condition toutefois qu'une nouvelle fiscalité, qu'un nouvel impôt sur la fortune immobilière servant à financer les dépenses gouvernementales du fonds de solidarité ne viennent pas écorner cette sécurité.

Source : le point .fr 

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